Fièrement Malagasy, fièrement de la Gen Z

À Tananarive, berceau du soulèvement qui ébranle Madagascar depuis le 25 septembre, Salema, jeune ingénieur agronome, raconte son engagement aux côtés d’autres jeunes de la Génération Z. Dans un pays en crise, son témoignage incarne la voix d’une jeunesse qui se lève pour exiger dignité, justice et liberté.
La maladie de mon frère m’a rendue invisible

Ă€ l’âge de 7 ans, Meghane apprend que son frère de 5 ans est atteint de leucĂ©mie. Le traitement nĂ©cessaire n’Ă©tant pas disponible Ă Rodrigues, oĂą ils vivaient, sa mère part Ă l’Ă®le Maurice avec son frère pour son traitement. LaissĂ©e Ă la garde de ses grands-parents, Meghane souffre d’un profond sentiment d’abandon et d’invisibilitĂ©. Des annĂ©es plus tard, ses Ă©tudes universitaires Ă l’Ă®le Maurice l’Ă©loigneront encore davantage de sa famille. Jusqu’Ă ce qu’elle dĂ©cide de dire ce qu’elle a sur le cĹ“ur.
Je n’Ă©tais qu’une enfant lorsque j’ai su que je ne serais jamais sous le centre de l’attention. J’avais moins de dix ans lorsque mon enfance a basculĂ© vers l’âge adulte ; j’Ă©tais encore une enfant lorsque j’ai commencĂ© Ă m’occuper d’un enfant. J’ai 22 ans et ce n’est qu’aujourd’hui que je me remets de vivre dans l’ombre de mon frère.
J’ai un frère de deux ans mon cadet, et ce dernier a reçu un diagnostic de leucĂ©mie Ă seulement 5 ans. Faute de soins mĂ©dicaux adĂ©quats Ă Rodrigues, mon frère et ma mère ont dĂ» se rendre Ă Maurice pour faire soigner mon frère. Ă€ partir de ce moment-lĂ , je n’ai plus Ă©tĂ© Meghane, mais la sĹ“ur de mon frère. J’ai dĂ» rester avec mon père Ă Rodrigues. Pleinement absorbĂ© par son travail, il m’a laissĂ©e chez mes grands-parents qui ont pris soin de moi.
Pendant deux ans, tout a tournĂ© autour de mon frère, ce qui est logique puisqu’il Ă©tait malade. Moi je n’Ă©tais qu’une enfant, pleurant chaque jour pour le retrouver. J’Ă©tais juste une enfant qui cherchait quelqu’un qui me demanderait : « Comment vas-tu, ma chĂ©rie ? » J’ai fait de mon mieux dans tout ce que j’ai entrepris : le sport, l’Ă©cole, mais l’attention n’était pas sur moi, et je ne me souviens pas si elle l’a jamais Ă©tĂ©.
Comment mes camarades malgaches ont ouvert mon univers

De retour Ă l’universitĂ© après cinq ans d’absence, Urvee est surprise de constater que la plupart des Ă©tudiants de sa classe sont originaires de Madagascar. Avec eux, elle va aller de dĂ©couverte en dĂ©couverte. Loin des stĂ©rĂ©otypes et des idĂ©es reçues, elle apprendra Ă s’ouvrir Ă une autre expĂ©rience de l’altĂ©ritĂ©.
Quand les mangas deviennent un refuge

ConfrontĂ© Ă une sĂ©rie d’obstacles dans son pays natal Ă Madagascar et Ă Maurice oĂą il vient Ă©tudier, PMJ va sombrer dans l’anxiĂ©tĂ© et la dĂ©pression. Ce qui va le sauver : les mangas et animĂ©s, qui se rĂ©vèlent ĂŞtre pour lui plus qu’un divertissement, allant jusqu’à devenir une source de courage et d’inspiration. Raison pour laquelle il a d’ailleurs dĂ©cidĂ© d’en faire son futur mĂ©tier.Â
Lettre Ă mon ami

En 2021, Jun, alors âgé de 19 ans, a connu un épisode psychotique. Interné à plusieurs reprises, il a fini par s’en sortir, a repris des études qu’il poursuit avec succès. Mais il a toujours gardé en lui le souvenir d’un ami perdu à ce moment-là . Et c’est à travers une lettre à cet absent qu’il se libère aujourd’hui d’un poids par lequel il ne veut plus être hanté.
Étudier et pourquoi pas s’installer à Maurice…

Passant d’une activitĂ© Ă une autre, entre Ă©tudes de tĂ©lĂ©communications et vente de tacos, Princila est souvent considĂ©rĂ©e comme une personne qui ne saurait pas aller au bout de se choix. Mais depuis qu’elle a quittĂ© Madagascar pour venir Ă©tudier Ă Maurice, elle a dĂ©cidĂ© de prouver sa dĂ©termination et sa persĂ©vĂ©rance. MĂŞme si cela implique de vivre loin de son pays natal.Â
Étudiant étranger à Maurice : une situation pleine de défis

Kenzi a choisi de quitter Madagascar pour venir Ă©tudier Ă Maurice. Entre ses cours, son travail comme caissier dans un restaurant et son business de trading, il navigue chaque jour entre pression parentale, vide affectif, fatigue, voire racisme. Mais Kenzi est dĂ©terminĂ© Ă rendre fiers ses parents et Ă tracer sa propre route.Â
Etudiante étrangère à Maurice : difficile, excitant !

Originaire de Tamatave, Madagascar, Cynthia vit Ă Maurice depuis 2023 pour poursuivre ses Ă©tudes supĂ©rieures. Une expĂ©rience Ă la fois excitante et difficile. Au dĂ©part, elle est accablĂ©e par la solitude et le mal du pays. Aujourd’hui en troisième annĂ©e dans le domaine des Digital Humanities, tout en travaillant dans un restaurant de la capitale, elle rĂ©alise Ă quel point elle a grandi, appris et Ă©voluĂ©, tant sur le plan acadĂ©mique que personnel, malgrĂ© les dĂ©fis liĂ©s Ă la vie loin de sa famille. En se crĂ©ant sa « famille loin de chez moi ».Â
« Je soutiens mais je reste pessimiste »

Je suis Malgache et en ce moment, j’étudie et travaille à l’île Maurice. Même si je suis loin de mon pays, je reste très attentif à ce qui s’y passe, parce que Madagascar restera toujours ma terre et mon peuple.
Être Malagasy : une réalité difficile à apprivoiser…

Depuis trois ans maintenant que j’ai pu m’ouvrir à d’autres mondes, notamment à l’ile Maurice, j’ai ressenti cette pression, ce pincement au cœur, cette vérité qu’être Malgache est difficile à apprivoiser loin du sol ancestral.