Notre FUTUR

Mémoires d’un toit en tôle

Moorgane raconte l’envers de son décor familial : dix-neuf ans de coups, de cris et de peur. Sous l’emprise d’un père alcoolique et violent, sa vie n’était que douleur. Contrairement à d’autres jeunes, elle a vécu la séparation de ses parents comme une délivrance. Ses mots claquent comme une revanche sur le silence.

Être albinos à Madagascar : une vie sous menace

Ari Fé, 25 ans, est journaliste dans une télévision privée d’Antananarivo. Habituée à couvrir les sujets de société, elle a été profondément marquée par les violences subies par les personnes atteintes d’albinisme à Madagascar. Derrière les mythes et les traditions qui perdurent, elle dénonce une réalité terrifiante : celle d’une véritable chasse aux albinos, conduisant parfois à des rapts et des assassinats .

Le taxi-train, tu connais ?

Alors que Maurice s’est doté d’un métro léger pour relier ses grands centres urbains, les quartiers périphériques de sa capitale doivent encore composer avec des bus poussifs et capricieux : chaleur, attente et cafards au programme

La maladie de mon frère m’a rendue invisible

À l’âge de 7 ans, Meghane apprend que son frère de 5 ans est atteint de leucémie. Le traitement nécessaire n’étant pas disponible à Rodrigues, où ils vivaient, sa mère part à l’île Maurice avec son frère pour son traitement. Laissée à la garde de ses grands-parents, Meghane souffre d’un profond sentiment d’abandon et d’invisibilité. Des années plus tard, ses études universitaires à l’île Maurice l’éloigneront encore davantage de sa famille. Jusqu’à ce qu’elle décide de dire ce qu’elle a sur le  cœur.

Je n’étais qu’une enfant lorsque j’ai su que je ne serais jamais sous le centre de l’attention. J’avais moins de dix ans lorsque mon enfance a basculé vers l’âge adulte ; j’étais encore une enfant lorsque j’ai commencé à m’occuper d’un enfant. J’ai 22 ans et ce n’est qu’aujourd’hui que je me remets de vivre dans l’ombre de mon frère.

J’ai un frère de deux ans mon cadet, et ce dernier a reçu un diagnostic de leucémie à seulement 5 ans. Faute de soins médicaux adéquats à Rodrigues, mon frère et ma mère ont dû se rendre à Maurice pour faire soigner mon frère. À partir de ce moment-là, je n’ai plus été Meghane, mais la sœur de mon frère. J’ai dû rester avec mon père à Rodrigues. Pleinement absorbé par son travail, il m’a laissée chez mes grands-parents qui ont pris soin de moi.

Pendant deux ans, tout a tourné autour de mon frère, ce qui est logique puisqu’il était malade. Moi je n’étais qu’une enfant, pleurant chaque jour pour le retrouver. J’étais juste une enfant qui cherchait quelqu’un qui me demanderait : « Comment vas-tu, ma chérie ? » J’ai fait de mon mieux dans tout ce que j’ai entrepris : le sport, l’école, mais l’attention n’était pas sur moi, et je ne me souviens pas si elle l’a jamais été.

How my brother’s illness made me invisible

At the age of 7, Meghane learned that her 5-year-old brother had leukemia. Since the required treatment was unavailable in Rodrigues, where they lived, her mother moved to Mauritius with her brother for treatment. Left in the care of her grandparents, Meghane suffered an immense sense of abandonment and invisibility.

Comment mes camarades malgaches ont ouvert mon univers

De retour à l’université après cinq ans d’absence, Urvee est surprise de constater que la plupart des étudiants de sa classe sont originaires de Madagascar. Avec eux, elle va aller de découverte en découverte. Loin des stéréotypes et des idées reçues, elle apprendra à s’ouvrir à une autre expérience de l’altérité.

How my Malagasy classmates broadened my universe

Going back to uni after a five-year break, Urvee is surprised to see that most students in her class are from Madagascar. With them, she’s in for a journey of discovery. Far from stereotypes and preconceptions, she’ll learn to open up to another experience of alterity. 

Quand les mangas deviennent un refuge

Confronté à une série d’obstacles dans son pays natal à Madagascar et à Maurice où il vient étudier, PMJ va sombrer dans l’anxiété et la dépression. Ce qui va le sauver : les mangas et animés, qui se révèlent être pour lui plus qu’un divertissement, allant jusqu’à devenir une source de courage et d’inspiration. Raison pour laquelle il a d’ailleurs décidé d’en faire son futur métier. 

Lettre à mon ami

En 2021, Jun, alors âgé de 19 ans, a connu un épisode psychotique. Interné à plusieurs reprises, il a fini par s’en sortir, a repris des études qu’il poursuit avec succès. Mais il a toujours gardé en lui le souvenir d’un ami perdu à ce moment-là. Et c’est à travers une lettre à cet absent qu’il se libère aujourd’hui d’un poids par lequel il ne veut plus être hanté.

A Letter to my friend

In 2021, Jun, then 19, experienced a psychotic episode. He was interned several times, but eventually recovered and resumed his studies, which he is pursuing successfully. But he always carried within him the memory of a friend he lost at that time. And it is through a letter to this absent friend that he is freeing himself today from a burden he no longer wants to be haunted by.