Notre FUTUR

Loin… et mieux

Céline, étudiante en deuxième année à l’École Hôtelière à Ebène, raconte comment un stage en France — qu’elle redoutait autant qu’elle espérait — lui a permis de changer complètement de perspective. Entre la peur de partir, le choc culturel et une révélation professionnelle inattendue, elle découvre loin de Maurice une nouvelle confiance en elle

Je ne suis pas une carte postale !

Jeune Mauricienne en hôtellerie, Amélia a passé six mois en France pour se former. Six mois pour apprendre le métier, la rigueur… et aussi le poids des clichés et remarques désobligeantes. Son récit, sous forme d’un poème, raconte cette blessure qui lui a aussi fait prendre conscience de ce que vivent les étudiants étrangers dans son propre pays. 

Au pays du tourisme : sourires et préjugés

Au pays du tourisme : sourires et préjugés De son village natale à Mahajanga à Madagascar, Marion se faisait une toute autre idée de  l’île Maurice ou elle a choisi de venir étudier. Elle pensait trouver un accueil chaleureux et un pays ouvert aux autres. Elle découvre à la place une forme de xénophobie insidieuse et tenace — envers elle, mais aussi envers d’autres immigrés — et ose aujourd’hui briser le silence malgré la peur de représailles.   Cela fait maintenant six mois que je vis à l’île Maurice.Je suis venue ici pour étudier le tourisme à l’école hôtelière d’Ébène, un rêve que ma famille a accepté de financer malgré les sacrifices que cela représente pour eux. Chez nous, à Madagascar, ce genre d’opportunité n’est pas donné à tout le monde. Mes parents se sont privés pour que je puisse poursuivre mes études à l’étranger, dans un pays réputé pour son accueil légendaire et son sourire mauricien.   Au début, j’étais pleine d’enthousiasme. On m’avait dit que les Mauriciens étaient accueillants, ouverts, gentils. Je croyais venir dans une île où je pourrais me sentir presque comme chez moi. Mais la réalité s’est révélée plus complexe.   Oui, beaucoup de personnes ont été chaleureuses et bienveillantes avec moi. Mais d’autres m’ont fait sentir que je n’étais pas la bienvenue. Il y a eu des regards froids, des silences pesants, parfois même des mots blessants. Rien de frontal, rien d’officiel, mais des piques, des moqueries, des boutades qui finissent par laisser des traces.   Parfois, on plaisante sur “les Malgaches qui font du maraboutage”. En fait, souvent à Maurice, les gens pensent que nous, Malgaches, pratiquons la magie noire dans notre quotidien ! D’autres fois, j’ai subi des remarques sur mon accent, ma manière de parler ou de m’habiller. Quand je suis avec d’autres amis malgaches et que les gens nous entendent parler notre langue, ils nous regardent comme si c’était un péché de l’utiliser. Ce sont des détails, mais mis bout à bout, ils me rappellent sans cesse que je suis l’étrangère.   J’ai compris que le fameux sourire mauricien n’est pas pour tout le monde. Il s’adresse surtout aux touristes occidentaux, ceux qui dépensent, qui repartent avec de belles images. Mais quand on vient ici pour vivre, pour étudier, pour s’intégrer, le sourire se fige, se méfie.   Et dans une école de tourisme, c’est encore plus ironique. On nous enseigne à accueillir, à comprendre les autres cultures, mais dehors, je sens que l’accueil, le vrai, a des limites.   Je ne veux pas généraliser. J’ai rencontré des Mauriciens formidables, ouverts, curieux, avec qui je me sens bien. Mais il faut aussi le dire : la xénophobie, même douce, existe ici. Elle se cache dans les gestes, dans les attitudes, dans les mots chuchotés. Et ce n’est pas facile, à dix-neuf ans, de rester forte face à tout ça.   Être une immigrée, ce n’est pas un rôle qu’on choisit vraiment. C’est un costume qu’on enfile par nécessité. Parfois, il pèse lourd. J’apprends à avancer malgré tout, à me concentrer sur ce pourquoi je suis venue : mes études, mes rêves, mon avenir.   Je me dis que si j’arrive à surmonter cette épreuve, je serai plus forte encore.Et peut-être qu’un jour, ici comme ailleurs, le sourire ne sera plus une façade, mais un vrai geste d’humanité, offert sans conditions.   Marion, 22 ans Laisser un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Samuel Joulia. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message*

Étudier et pourquoi pas s’installer à Maurice…

Passant d’une activité à une autre, entre études de télécommunications et vente de tacos, Princila est souvent considérée comme une personne qui ne saurait pas aller au bout de se choix. Mais depuis qu’elle a quitté Madagascar pour venir étudier à Maurice, elle a décidé de prouver sa détermination et sa persévérance. Même si cela implique de vivre loin de son pays natal. 

Étudiant étranger à Maurice : une situation pleine de défis

Kenzi a choisi de quitter Madagascar pour venir étudier à Maurice. Entre ses cours, son travail comme caissier dans un restaurant et son business de trading, il navigue chaque jour entre pression parentale, vide affectif, fatigue, voire racisme. Mais Kenzi est déterminé à rendre fiers ses parents et à tracer sa propre route. 

Etudiante étrangère à Maurice : difficile, excitant !

Originaire de Tamatave, Madagascar, Cynthia vit à Maurice depuis 2023 pour poursuivre ses études supérieures. Une expérience à la fois excitante et difficile. Au départ, elle est accablée par la solitude et le mal du pays. Aujourd’hui en troisième année dans le domaine des Digital Humanities, tout en travaillant dans un restaurant de la capitale, elle réalise à quel point elle a grandi, appris et évolué, tant sur le plan académique que personnel, malgré les défis liés à la vie loin de sa famille. En se créant sa « famille loin de chez moi ». 

Cette famille que je n’attendais plus !

À 16 ans, Chacha vit dans l’ombre : pas de papa, une mère qui se tue à la maçonnerie pour survivre ; et le sentiment de n’avoir jamais eu de place. Mais un échange entre l’ONG Caritas de Solitude et l’association française Les Apprentis d’Auteuil a tout changé.

Tou posib dan lavi

Chacha ena 16 z-an, li viv apar, li res dan so kote; pena papa ek so mama travay maneve-mason, trime pou sirviv. Toultan linn gagn linpresion ki li pena so plas parmi lezot. Me kan finn ena enn esanz kiltirel ant ONG Caritas Solitude ek lasosiasion franse Les Apprentis d’Auteuil, tou inn sanze.

À table, j’ai voyagé…

A Maurice où il vit Adrien est habitué à une cuisine épicé, plutôt populaire. À Paris, dans le foyer des Apprentis d’Auteuil, il a découvert pour la première fois la cuisine française. Tartiflette, escargots, tartes aux pommes…

De Solitude à la Tour Eiffel

À 15 ans, Yoan vit dans un quartier populaire de Maurice, où la vie n’est pas toujours facile. Grâce à un programme d’échange avec Les Apprentis d’Auteuil, il a pu voyager pour la première fois. Il a réalisé son rêve : voir et monter sur la Tour Eiffel. Depuis cette expérience, il rêve encore plus grand : travailler un jour dans la ville lumière.